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L’île enchantée

Live in HD du MET le 21 janvier 2012

 

Un rêve d’une nuit d’été tempétueuse sur l’île de Prospero.
Jeremy Sams réalise une symbiose parfaite en faisant la fusion de deux pièces de Shakespeare avec la musique de Händel, Vivaldi et Rameau. Un« pasticcio – ma non troppo » de première qualité.

L'île enchantée Vend%C3%A9eSeptember2011-233-150x150             cristinacrespo-006-150x150Cristina Crespo
« La Tempête », dernière œuvre et peut-être autoportrait de Shakespeare.
Prospero (merveilleusement chanté par David Daniels), duc de Milan et alchimiste/magicien de vocation, vit en bannissement avec sa fille Miranda (Lisette Oropesa) sur une île. Après une  brève histoire d’amour avec lui, la sorcière Sycorax (sulfureuse Joyce DiDonato) a été condamnée à vivre dans la partie obscure de la forêt.  Par contre l’esprit Ariel et le fils-monstre de Sicorax, Caliban (Luca Pisaroni, Leporello par excellence transformé en une sorte de Quasimodo, tout en chantant comme un dieu), restent  sous les ordre du magicien.

Prospero, mélancolique et triste, communique sa tristesse « Ah, if you would earn your freedom », tiré de  l’air «Ah, ch’infelice sempre »d’une cantate de Vivaldi.
Ariel (Danielle de Niese, absolument géniale) qui souffre de sa captivité,  reçoit de Prospero en échange de la promesse de retrouver sa liberté,  l’ordre d’attirer vers l’île le navire du fils de roi de Naples, Ferdinand, dans le but de trouver un mari pour sa fille Miranda. Il fait son entrée sur un air de « Il trionfo del Tempo e del Disingagno » de Händel « I can conjure your fire ».
A ce moment Jeremy Sams change l’histoire et Ariel se trompe dans la formule qui se trouve dans le grimoire de Prospero (« Take salt and stones » de l’opéra « Les Fêtes d’Hébé » de Rameau). La tempête déclenchée par Ariel fait échouer par erreur sur l’île un navire qui transportait deux couples d’amoureux. Et voilà  Hermia, Helena, Démétrios et Lysandre venus directement depuis la forêt près d’Athènes où Shakespeare les avait installés pour préparer leur fuite de Theseo, duc d’Athènes, qui font leur entrée dans notre pastiche. (Dans la pièce de Shakespeare c’est Puck qui se trompe tout le temps avec le nectar d’une certaine fleur et rend Titania amoureuse d’un âne).  Les acteurs qui répètent dans la même forêt une pièce d’Ovide qu’il doivent jouer au futur  mariage de Theseo avec la reine des Amazones, Hippolyta, sont re-personnifiés en Prospero & Co.) La confusion est parfaite ! Miranda, qui rêve d’un homme (« I have no words for this feeling » – une cantate de Händel)  rencontre Démétrios et s’en énamoure tout de suite. Démétrios, par la magie d’Ariel,  oublie complètement sa bien-aimée Helena. Celle-ci, également envoûtée mais par Sycorax, tombe amoureuse de Caliban. Quand Miranda aperçoit  Lysandre, elle tombe follement amoureuse de lui, oubliant Démétrios. Et finalement Hermia arrive,  totalement dévastée, à la recherche de Lysandre. Miranda, très drôle quand elle chante chaque fois qu’un nouvel homme arrive, l’air « wonderful, wonderful » de Ariodante de Händel, devient peu à peu nymphomane. Ariel, qui a tout raté, est à ce point-là vraiment dans la merde. D’abord il s’est trompé de navire et ensuite il n’évite pas que Miranda tombe amoureuse de tous les hommes qui débarquent sur l’île. Prospero est furieux et le menace de ne pas lui rendre sa liberté si Ferdinand n’arrive pas sur cette île. (Un air de La resurrezione  de Händel  « I’ve done as you commanded »).
Que faire ? Ariel a une idée géniale et  part sous les mers en tenue de scaphandrier rencontrer Neptune (Aise, arise, Great Neptune » de Purcell . Lui est en rage, fatigué et vieux et ne veut rien savoir (« Who dares to call me » – un air de Tamerlano de Händel). Heureusement Ariel, désespéré, réussit à le convaincre qu’il est  quand même le patron de toutes les mers. (Neptune et Ariel chantent un air d’Hippolyte et Aricie de Rameau). Il se reprend et fait son devoir, à savoir : provoquer une autre tempête ! A ce  même moment Sycorax se réveille de son apathie et déclenche les hostilités avec Prospero ( «My strength is coming back to me » de Vivaldi).  Hermia et Helena continuent à la recherche de leurs hommes, qui sont tous les deux amoureux de Miranda, en les blâmant sur un air de Händel de Atalante « Men are fickle ».  Caliban, triste et en rage parce que Helena n’est plus attirée par lui, est consolé par sa mère (Hearts that love can all be broken » – très touchant – très beau lamento de Ferrandini). Le rêve de Caliban  est illustré par la musique de Rameau « Les Indes galantes » et « Les Fêtes d’Hébé » ainsi que « Hippolyte et Aricie » avec une très belle chorégraphie. Nous assistons à un moment splendide lorsque Ariel, Miranda, Helena, Hermia, Demetrius et  Lysandre essaient de démêler le chaos dans la forêt sur un air de Händel de « Il trionfo del tempo e del disinganno » – « Follow hither, thither, follow me ». Ariel endort encore une fois tout ce monde sur « Sleep now » de Tito Manlio de Vivaldi. Voilà alors Ferdinand (Anthony Roth Costanzo) qui arrive enfin sur l’île et, comme prévu, Miranda tombe amoureuse de lui (ça fait 4 fois en un jour !). Ariel défait le sort jeté sur les deux couples et Neptune oblige Prospero à s’excuser auprès de Sycorax et à lui rendre l’île.
A la fin Prospero renonce à sa magie (« Forgive me, please forgive me » de l’opéra de Händel « Partenope ») et libère Ariel et Caliban. Neptune et Sycorax chantent encore Händel avec le chœur « L’Allegro, il penseroso ed il moderato » « We gods who watch the ways of man ». Ariel prend sa valise et quitte la scène sur un air de Vivaldi de Griselda (« agitata da due venti») « Can you feel the heavens are reeling ».

La jubilatoire scène finale est  chantée par tous les protagonistes « Now a bright  new day is dawning » du Hallelujah de Händel.
Dans la pièce de Shakespeare la fin reste ouverte. On ne sait pas si Prospero rentre à Milan avec son frère ou pas -  mais il implore le public de le délivrer par des applaudissements.
Pas indispensable de les demander. Le public était ravi et enthousiaste. William Christie au pupitre ! Un festin pour les yeux et les oreilles.

Texte: Christa Blenk


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