Isabelle Huchet - scénographe et écrivaine isa-candide-2012-150x150lbh-037-150x150isabelle-huchet-150x150

Fille d’une mère artiste-peintre et d’un chirurgien, pianiste amateur éclairé, Isabelle a passé son enfance entourée d’artistes, acteurs, écrivains, peintres et sculpteurs dans une maison remplie de musique.  Allant peu à l’école pour des raisons de santé, Isabelle vivait déguisée et dansait. Ses plus beaux souvenirs d’enfance se situent dans le théâtre municipal de Rennes où elle prenait des cours de danse, sur la scène, au milieu du décor disposé pour le spectacle du soir. C’est probablement là qu’elle a pris le virus du théâtre et du spectacle. Malgré cela, elle se lance d’abord dans la médecine mais comprend très vite que ce n’est pas son destin. Timidement, elle envisage des études de conservatrice de musée mais se réveille enfin et opte pour  l’ENSATT, appelée alors  « rue Blanche » pour étudier scénographie et régie.

peinture: Monique Le Béguec-Huchet67-florence-en-danseuse-150x150

A la fin des années 70, Isabelle arrive à Paris et se précipite à l’Opéra Garnier où elle décroche un emploi d’habilleuse : la voilà entrée dans la dure réalité du métier, au cœur du spectacle ! Elle travaille à Garnier et à l’Opéra-Comique tout en suivant ses études, rue Blanche, puis en fac de Lettres et rédige son Mémoire de Maîtrise d’Études Théâtrales sur La Révolution du costume de théâtre au XVIIIe siècle.  Sa directrice de mémoire juge son texte trop romanesque. Isabelle a découvert sa jubilation de l’écriture et surtout, du voyage dans le temps. Son premier roman a certainement germé à cette époque.
A l’occasion d’un spectacle, Les Caprices de Marianne, elle fait la connaissance de son futur mari, le metteur en scène  et réalisateur Bernard Jourdain, qui l’introduit dans le monde de l’évènementiel. Pendant les années quatre-vingt elle conçoit des décors pour des congrès,  concocte des costumes pour des films d’entreprise, le tout avec de formidables moyens. Sa formation théâtrale, inhabituelle dans ce contexte, lui permet d’obtenir des commandes souvent originales et enthousiasmantes.
En 1988, elle décroche deux contrats de chef-costumière pour des téléfilms historiques sur la Révolution. Suivent deux autres films également en costumes, mais elle met fin à cette nouvelle orientation à la naissance de son premier enfant. Deux autres suivent très vite.

isa5-150x150Emmanuelle Béart dans Marie-Antoinette de Caroline Huppert

En 1997, sans renoncer à l’évènementiel, elle retourne au théâtre et découvre l’opéra. Les enjeux ne sont pas les mêmes, les budgets sont infiniment plus modestes mais les instruments, les méthodes de travail restent identiques.

Isabelle réalise des décors et costumes pour des grandes œuvres telles que Carmen, Tosca ou Orphée et Eurydice. Citons aussi : Mort à Venise de Benjamin Britten la comédie Musical Candide et Norma, egalement mis en scène à Paris par Bernard Jourdain.

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Mort à Venise (photo 1 et 2) et Candide
 

Outre ces grands classiques, elle signe aussi décors et/ou costumes de création d’opéra tels que Les orages désirés orages-desires-m-re-berlioz1-150x150de Gérard Condé pour le Grand Théâtre de Reims ou pour l’opéra Iq et Ox  à  l’Opéra-Théâtre de Metz.37-150x150lelephanteau-150x150

Ce n’est qu’une petite sélection de toutes ses activités comme scénographe. On pourrait remplir des pages et des pages !

Mais il existe aussi une Isabelle écrivaine.

En 1997,  par curiosité et par défi personnel, elle  transforme les interminables lettres à ses amis en  roman  et écrit  L’étoffe d’une femme. En écrivant ce roman, elle voulait savoir si elle aurait réussi à se faire admettre, en 1860, dans le monde du théâtre en tant que créatrice de costumes. Et bien… ça aurait été terriblement difficile, apparemment ! Son héroïne y parvient, « Mais je n’ai rien d’une héroïne » affirme Isabelle. Après ce roman, vendu à plus de 10 000 exemplaires et traduit en plusieurs langues, suivent Le partage de l’amour,  Rose Granit, et Le marquis va-nu-pieds ou encore Premier rendez-vous, signé sous le pseudonyme de Jeanne Lasco, tous édités chez J.C. Lattès. En dehors de ce dernier, ses romans se situent dans un contexte historique – avec toujours cette question : comment aurais-je vécu tel engagement politique, tels amours, tel besoin créatif dans des époques où les femmes étaient si étrangement considérées ? Mais  l’écriture n’est pas son métier – ajoute-t-elle, modestement !

Et l’écriture la ramène au théâtre et à l’opéra. Une de ses nouvelles : Mea Culpa est proposée par une amie à un comité de lecture au théâtre de la Tempête qui l’accepte pour les Rencontres de la Cartoucherie 2004. La nouvelle est jouée, sans qu’un mot d’adaptation ne soit ajouté. Elle est mise en scène par son mari, Bernard Jourdain et jouée par Geneviève de Kermabon et Catherine Le Hénant.
Isabelle a écrit plusieurs livrets,  entre autres pour l’opéra Les sales mômes, musique de Coralie Fayolle, joué à l’Espace Jacques Prévert à Aulnay-sous-Bois, un livret du spectacle musical Anne d’après Le Journal d’Anne Franck, musique Jean-Pierre Hadida, créé au Café de la Gare puis repris au Théâtre Essaïon.

2007-romilly-150x150(Isabelle Huchet dans le rôle de Jacqueline de Romilly pour le docu-fiction de Bernard Jourdain, La vigie grecque pour la collection Empreintes de France 5)

L’écriture de livrets d’opéra ou de textes théâtraux diffère beaucoup de l’écriture de romans. Les romans sont écrits sur une inspiration, une envie, voire un besoin. Les livrets répondent à une commande, avec toujours une « deadline » à respecter. C’est aussi une œuvre moins intime, parce qu’il y a plusieurs personnes qui collaborent, corrigent, relancent. Et puis, il y a les cahiers des charges, des budgets, des impératifs!
Plus on a de contraintes, plus c’est facile, estime-t-elle.

De même, son travail de scénographe est avant tout une collaboration avec le metteur en scène. Il faut lire le texte évidemment, rencontrer le cas échéant l’auteur, parler avec le metteur en scène, connaître son travail pour faire des propositions qui épousent ses orientations, comprendre ce qu’il souhaite (et ça n’est pas le plus facile), tâcher de transcrire ces souhaits en volumes, en couleurs, ouvrir des portes à son imaginaire. Eventuellement, le réorienter dans une voie plus réaliste compte tenu du budget, ou plus exigeante. Tous les metteurs en scène n’ont pas le sens de l’espace. Il faut parfois pallier.

Lorsqu’elle s’attelle à la création de maquettes, elle commence par regarder des images pour lancer la machine, comme un chanteur se chauffe la voix, et c’est parti. Les dessins se succèdent. Sa seule angoisse  c’est de ne pas finir à temps pour la première du spectacle, et, corollaire, de ne pas trouver le temps de vivre en dehors du travail.

Isabelle est une  « chasseuse collectionneuse » ! Elle glane des images, des objets, des instantanés des gens qui passent. Elle observe le spectacle dans la rue, l’élégance. Concernant l’élégance, elle est fortement influencée par sa mère qu’elle traite de démon d’élégance. Isabelle aimerait l’élégance naturelle de Katherine Hepburn, être divine dans un pantalon et une chemise d’homme. Mais elle est beaucoup plus originale. Elle a le don de la combinaison modèle/couleur et fait craquer son entourage avec ses créations personnelles que personne sauf elle n’oserait porter !

Coté musique – en dehors de la musique lyrique qu’elle pratique en amateur – elle aime beaucoup Ravel et Chostakovitch et, de plus en plus, la  musique de chambre et vocale.  Lectrice passionnée, elle aime  la  littérature classique, sans exclure les contemporains, avec une petite préférence peut-être pour les auteurs anglais et scandinaves.
isaberni-003-150x150Son bonheur dépend de celui de son mari et de ses trois enfants. Elle n’aime rien tant que dessiner ou fabriquer à côté de son mari Bernard ! Avec sa sœur et son époux, ils ont mis sur pied une compagnie lyrique Opéra Côté Chœur  qui les dévore mais qui participe aussi largement à leur épanouissement.
Opéra Côté Chœur  ne lui laisse  plus le temps de jardiner, par exemple, de voyager, d’entretenir ses amitiés et ça lui  manque terriblement.

Cette fuite accélérée du temps, les “jamais plus” qui commencent à s’accumuler, toutes les heures de tous les jours entièrement consacrées au théâtre. Il y avait plus à faire, sans doute. Mais ….. tout est une question de priorités!

Elle-même: Quoique modeste, j’aime parler de moi et surtout de mon métier. Le problème est de m’arrêter !

isaberni-012-150x150 Isabelle à Rome

citation: « Les deux choses qu’un homme ne pourra jamais comprendre sont le mystère de la création et un chapeau de femme » (Zwei Dinge wird ein Mann niemals verstehen: Das Geheimnis der Schöpfung und den Hut einer Frau » ) – Coco Chanel

Christa Blenk

 

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