Cinéma Gaumont Paris – 12.02.2011

Nixon in China Bild3-150x112 Thomas Kern

Nixon in China – live from Metropolitan Opera New York – John Adams 1987

En 1985 Peter Sellars a l’idée d’un opéra sur le voyage de Nixon en Chine en 1972 (en fait le premier voyage en Chine d’un président américain). Il propose cette idée à John Adams qui se met au travail. Alice Goldman signe le livret.

L’opéra est composé de trois actes et 6 scènes et se focalise sur 6 personnes.

Prologue : «Une grande passerelle est poussée sur la scène, l’avion de Nixon « Spirit of ’76 » – tombe du ciel, et le chœur entame la Chanson de l’Armée Rouge “Three Main Rules of Discipline and Eight Points of Attention »

Arrivée: La porte de l’avion de Nixon (Spirit of ’76) s’ouvre. Nixon (chanté par James Maddalena pour la 4ème fois – il a aussi chanté ce rôle dans la première en 1987) et sa femme Pat (Janis Kelly, en complet rouge) suivis du docteur Henry Kissinger (Richard Paul Fink, à qui John Adams n’a donné qu’un second rôle sur le plan musical) descendent. Ils sont salués par Chou En Lai (très bien interprété par Russel Braun – il a toujours une expression de souffrance dans le visage)  et une importante délégation incluant la presse. Nixon est présenté aux autorités et raconte la peur qu’il éprouvait avant cette visite et sa participation à cet événement historique.  Ils quittent l’aéroport.  Nixon se repose un instant sur un lit.

 

Entretien dans la bibliothèque de Mao (la scène se ressemble beaucoup à une photo prise à l’époque). Cinq  fauteuils : Nixon, Kissinger,  Mao, Chou En Lai et  - trois femmes interprètes/secrétaires omniprésentes (qui jouent également un rôle d’information pour le spectateur, et donnent leur rythme à certaines scènes). Une scène très politique. Nixon souhaite parler de la paix entre les deux pays mais Mao (chanté par Robert Brubaker), déjà atteint de sénilité refuse et propose d’aborder la philosophie. L’entretien s’achève sans résultat . Mao – très âgé – quitte la scène fatigué.

Banquet: Trois grandes tables rondes dans la Grande Salle du Peuple. On boit beaucoup. Tout le monde est très content d’être là.  On parle de fraternisation. C’est la scène la plus harmonieuse de l’oeuvre.

Visite: Mme Nixon suit le “First Lady’s Programme”. Elle est emmenée visiter les lieux de la vie chinoise contemporaine qu’on veut lui montrer, comme une entreprise, un hôpital, une école. Elle chante ses propres espoirs pour l’avenir et la paix dans le monde.

 

L’opéra chinois/Mme Mao’s Revolution Ballet: Le soir les Nixon sont invités à assister à une représentation d’opéra chinois. Pour moi la meilleure scène de l’œuvre. Avec une musique galopante et la chorégraphie de Mark Morris on oublie le temps. Mme Mao – chantée et « jouée » par la merveilleuse soprane Kathleen Kim – fait son apparition, brandissant son Petit Livre rouge (Thomas Hampson, qui nous accompagne à l’entracte derrière le rideau lui demande combien de « Re » elle a chanté: 4 fois !! – quand elle chante « the book » !) . La scène est géniale : tous sont là, le public, Mme Mao, Dick et Pat Nixon, …  – d’une manière très surréaliste, les protagonistes entrent dans la pièce. C’est un opéra dans l’opéra – Mme Nixon défend les faibles, Kissinger joue un propriétaire terrien brutal, Mme Mao veut sauver les paysans à  n’importe quel prix. M. Nixon est apathique. Sa seule action consiste à abriter sa femme avec sa veste quand la pluie commence à tomber. M. Chou est inactif et passif, mais en tout cas pas du côté de Mme Mao. La révolution culturelle a fait son oeuvre ! La scène est à la fois violente et drôle.

Epilogue : Dernière nuit à Beijing: 5 lits sur la scène. Ils sont tous là, mais personne n’est vraiment à l’aise. Un journal relatant la visite tombe entre les mains de Nixon. (Ils ont tout mal interprété chante Nixon désespéré quand Kissinger lui présente le journal). Kissinger est au lit avec une des interprètes, les Mao (surtout lui revît pour un instant) pensent à leur Révolution, les Nixon à leurs problèmes passés de jeunes couple et lui se rappelle ses années quand il était soldat dans la marine. Chou En-Lai,  qui est déjà très malade, dans son lit pathétiquement entouré de fleurs de cimetière se pose des questions philosophiques « How much of what we did was good » ?

La Première de « Nixon in China » qui a eu lieu le 22 octobre 1987 à Houston n’a pas été  un grand succès. C’est seulement maintenant que l’œuvre de John  Adams a enfin, après Francfort, Bielefeld, Bruxelles et  Londres, trouvé sa consécration au MET.

Musicalement l’œuvre est pleine de « Leitmotiv », répétitif, dynamique, forte. Imre Fabian a dit que la musique de Adams est une musique « minimale à la Bruckner ». Hier c’était dirigé par John Adams lui-même. Agréable et facile à écouter, on suit bien et le temps passe très vite, mais Adams n’a pas cherché à innover. Une musique plutôt du commencement du siècle pas de la fin. J’ai quand même bien aimé.  On retrouve les constructions minimales de Philip Glass ainsi que le rythme de Benjamin Britten, peut-être Hindemith. Peter Sellars a même qualifié cette œuvre de mozartienne. La chorégraphie de Mark Morris, que j’avais vu la première fois à l’œuvre  en 1989 à la Monnaie à Bruxelles, m’a à nouveau enthousiasmée

Christa Blenk, aidée par J-N Pettit

 


 

 

3 commentaires à “Nixon in China”


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  1. 0 armida 2 mar 2011 à 13:45

    J’ai réponds à Artmor

    John Adams est un représentant important du minimalisme. Mais, contrairement à Philip Glass et Steve Reich il ne reste pas dans ce mouvement. Il rompe avec son passé. Sa musique est une symbiose de l’énergie rythmique du minimalisme, un grand plateau d’imagination orchestrale ainsi que certes influences du post-romanticisme. Sa « « Chamber Symphonie » aborde la musique de Schönberg.

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