« Ô mon triste cœur, jadis tu étais doux et compatissant pour les étrangers, accordant des larmes à tes compatriotes, lorsque des Grecs tombaient entre tes mains » (Euripide)

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 Iphigénie en Tauride  (1779) en direct du MET de New York le 26 février 2011.

Soirée présentée avec grâce et humour par Nathalie Dessay.

Christoph Willibald Gluck (1714 – 1787)

Livret : François Guillard,  d’après l’œuvre d’Euripide.


Une tragédie grecque mise en musique.

Avant la pièce : Agamemnon sacrifie sa fille Iphigénie – Clytemnestre, avec l’aide de son amant, tue son mari Agamemnon – Oreste (avec le soutien d’Electre) venge le père et tue sa mère – Iphigénie reçoit la chance d’une deuxième vie comme prêtresse à Tauride – après la guerre de Troie.

 D’abord le silence. L’opéra commence sans musique. Pas d’ouverture, ensuite une petite symphonie qui fait déjà partie du premier acte.

On se trouve dans le temple de Diane – tout en rouge/ocres – la tragédie grecque s’installe.

On perçoit  le calme avant la tempête. Iphigénie (chantée par Susan Graham – malgré un rhume, elle est fantastique dans ce rôle entre femme forte, résignée  et personnage fragile, vulnérable) hallucine et relate son cauchemar. Les récitatifs mènent directement aux airs – on perd un peu la notion de quand c’est un air et quand c’est un recitatif. Le jour de la première, le 18 mai 1779, en présence de Marie-Antoinette, un spectateur qui y trouvait de beaux morceaux répliqua : « Il n’y a qu’un beau morceau, c’est l’opéra tout entier ! Iphigénie  voit le père qui fuit  la mère, le père qui tombe et qui  meurt, elle voit aussi la mort de la mère par la main d’Oreste.

Arrive le roi des Scythes, Thoas (Gordon Hawkins) qui demande de nouveaux sacrifices à Iphigénie. Oreste (Placido Domingo, sortant d’un rhume comme Susan Graham mais quand même admirable dans son rôle – il ne vieillit pas) arrive avec son fidèle Pylade (Paul Groves aussi très bien et sensible) comme prisonnier des Scythes à Tauride. Pylade proteste dans un splendide récitatif suivi d’un aria: « Quel langage accablant pour un ami qui t’aime… unis dès la plus tendre enfance…  l’un des plus beaux airs de Gluck, admirablement souligné au basson.

 Merveilleux le duo d’Oreste et Pylade, quand le deuxième décide de mourir ensemble. Oreste raconte à Iphigénie,  sans se rendre compte qu’elle est sa sœur, tous les évènement de sa patrie. Susan Graham chante avec grande souffrance et sensibilité « Ô malheureuse Iphigénie » dans laquelle elle pleure la perte de toute sa famille. Cet air est considéré comme le plus beau de tout l’opéra et l’un des chefs d’œuvre de Gluck.

 Iphigénie décide de sauver  Pylade – après une grande discussion avec Oreste qui demande la mort – et l’envoie avec un message vers Electre. Oreste se rend compte qu’Iphigénie est sa sœur, Pylade arrive avec de l’aide pour lutter contre les Scythes mais Diane a déjà préparé  une « lieto fine ». Iphigénie – après avoir trouvé un morceau vert de la robe de sa mère – se retourne tout en silence momentanément contre Oreste, mais à la fin lui pardonne.

 Iphigénie en Tauride est aussi un défi pour le chœur – qui a des parties extraordinaires. La choréographie à mon avis inspirée par Lully et l’ambiance francaise dans laquelle vivait Gluck – mais réalisée par Daniel Pelzig dans un style un peu  trop « american musical ». Dans la première partie on peut reconnaître la présence de la musique française de Rameau ;  dans la deuxième partie elle est beaucoup plus mozartienne. Mais peut-être à cause de la direction de Patrick Summers.

 La mise en scène de Stephen Wadsworth est conventionnelle, et suit la tradition du Met. On ne prend pas de risques à New York – à cause du sponsoring ? Mais il a pris beaucoup soin des costumes – les prêtresses toutes en rouge (sauf Iphigénie qui est habillée en noir)  – et très jolie la scène quand Clytemnestre (en vert) sort ses deux main pour calmer ses enfants avant de tuer Agamemnon. Très bien aussi le deus ex machina en forme de Diane que descend du ciel.

Avec « Iphigénie en Tauride » Gluck, le réformateur, compose son œuvre la plus mûre. Il voulait en finir avec la  vanité des chanteurs de l’opéra italien. Il arrive à Paris en 1774 où il obtient un grand succès avec ses idées de réformer l’opéra (contrairement à ses tentatives de Vienne). Il compose une version française des différents opéras italiens.

Intéressant encore que Gluck, en composant Iphigénie, se soit trouvé au milieu d’une compétition avec son rival,  l’italian Niccolo Piccinni (1728-1800). Alphonse du Congé Dubreuil avait proposé un livret sur le sujet d’Iphigénie mais Gluck avait décliné, en prenant celui de Nicolas-François Guillard. Alors Dubreuil offrira son livret à Piccinni. Mais l’œuvre de Gluck enthousiasma tellement le public que personne s’interessa à l’opera de Piccinni.

 

 

 

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