La Traviata – texte en langue française

Traviata-Dorothée Lorthiois
 Dorothée Lorthiois sous les applaudissements de la salle (photo: Christa Blenk)

La Traviata ou le bonheur fragile

Le rideau se lève. Violetta est allongée sur son lit de souffrance, habillée d’une robe incolore d’hôpital. Le reste de la scène est encore dans l’obscurité. Elle se lève et se déplace difficilement, appuyée sur sa canne, sur le sol de la scène faite d’un miroir craquelé. Violetta se remémore sa vie passée et se revoit telle qu’elle était le jour où elle donna un bal à ses amis et où elle rencontra le drôle, l’impétueux et le charmant Alfredo. Ce jour-là, où elle était encore en bonne santé et dansait entourée d’amies dans leurs robes élégantes. Ce jour-là, où Alfredo lui déclara sa flamme et l’invita à venir passer des jours heureux chez lui à la campagne.

Puis, une première craquelure dans le miroir et dans son destin annonce la première attaque de faiblesse de la maladie. La quiétude et le bonheur de Violetta sont mis en pièces  par l’arrivée de Germont, le père d’Alfredo,  qui lui reproche le scandale de cette liaison et finit par la convaincre de rompre.

Violetta nous fait voir,  à l’occasion d’un bal donné par son amie Flora, comment, anéantie  par la douleur d’avoir sacrifié son amour,  elle annonce à Alfredo  qu’elle le quitte, et comment celui-ci, malade de chagrin lui jette à la tête l’argent qu’il vient de gagner au jeu. Alors Violetta troque son élégante robe de bal avec la robe incolore de l’hôpital, et nous comprenons qu’elle entreprend les dernières heures de sa vie. La mémoire et la réalité se rejoignent.  La moribonde Violetta sera accompagnée seulement par le regret d’Alfredo de retour de voyage et les regards inquiets d’Annina. Un cortège de pleureuses grecques se penchent sur elle  et se transforment en anges de la Mort.  Cette scène est très réussie. Isabelle Huchet a mis sur scène des vautours de deuil aux costumes démoniaques, rappelant celui de Darth Vador. La chorégraphie de Delphine Huchet, excitante et agressive crée par cette digression futuriste un contraste avec les costumes fantaisistes, mais autrement classiques des visiteurs du bal.

Le miroir, était-il craquelé dès le lever du rideau de cette histoire, pour nous rappeler que  la relation fidèle merveilleuse, mais si éphémère et passionnée de Violetta présentait dès le début des fissures et pas d’avenir ?

Opéra Côté Choeur a mis en scène cette magnifique La Traviata, en la montrant sous un jour nouveau, et a amplifié tout ce que peut offrir cette œuvre si souvent jouée.
Les excellents solistes étaient accompagnés par un très bon chœur et petit orchestre sous la direction subtile et discrète de Frédéric Rouillon, qui a trouvé et mis en lumière des  petites références mozartiennes dans cette Traviata  que vous n’entendriez pas autrement.  Et voilà une toute nouvelle expérience de la Traviata!

Notons bien le nom de l’interprète de Violetta, Dorothée Lorthiois. Elle a été la star de la soirée. Facile et confiante, elle est une Violetta qui, légère et presque ludique,  danse les yeux bandés sur la table et jouit de son bref bonheur. Elle a été convaincante dans toutes les émotions, la tristesse, la peur et l’euphorie. Mais les autres solistes ont aussi grandement contribué à ce succès. Le père d’Alfredo (Kristian Paul), un baryton merveilleux  nous a offert une grande performance malgré  un début de rhume.  Il n’a débuté le chant qu’à l’âge de 30 ans et est très à l’aise chez Verdi. Rémy Poulakis est un Alfredo très lyrique, nostalgique et chante ses airs sans le moindre effort apparent. La radieuse Flora est Karine Godefroy et Annina est Marie Soubestre. Richard Delestre et Florian Westphal sont Gastone et le Dr Grenvil. Christelle Tallon joue le double de Violetta. Le chœur était fantastique.  Précis, et dans leurs rôles drôles, menaçants, suppliants, ils ont également fait vraiment Bella Figura dans leur performance d’acteurs.

Isabelle Huchet a conçu les costumes originaux et le jeu de scène, Bernard Jourdain, fondateur de l’Opéra Côté Choeur a dirigé le tout avec excellence. Le pianiste et chanteur Loïc Mignon a pris en 2014 le chœur dirigé par Opera Côté Choeur et a élevé son niveau vers de très hauts sommets.  Frédéric Rouillon a travaillé entre autres au Théâtre du Châtelet, le Theater an der Wien à l’Opéra de Francfort et avec des grands noms tels que Peter Mussbach ou Robert Carson.

Bravo! Bravissimo !! Peut-on dire. Nous espérons que cette Traviata sera bientôt montrée dans d’autres salles ne disparaîtra pas rapidement de la scène!

Christa Blenk

traduction en langue française: Jean-Noel Pettit

traviata-alle
metteur-en-scène et chanteurs après la representation (photo: Christa Blenk)
 

lien vers la version originale en allemand

 

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