The little Match Girl Passion de David Lang

Les contes de fées sont cruels !

SanLorenzo-Figuratif 014 Street Art

Ceux qui disent que la musique contemporaine ne déclenche pas d’émotions devraient se pencher sur cette pièce intense et ingénieuse. David Lang ( né en 1957) a mis en musique et adapté l’essentiel du texte du conte de fées « La petite fille aux allumettes » de Hans Christian Andersen .
Il en est résulté une sorte d’oratorio d’environ 40 minutes pour quatuor vocal et percussions que nous avons eu le privilège d’écouter la nuit dernière dans la salle Sinopoli de l’Auditorium Parco della Musica .

Come, daughter, help me daughter – Ainsi commence la première aria pour soprano. Une petite fille, délicate et fragile, essaye de vendre quelques allumettes afin de rapporter un peu d’argent à la maison pour acheter de la nourriture. Mais en ce dernier jour de l’année pas un seul passant compatissant ne lui achète quoi que ce soit. Dans ce froid mordant qui envahit peu à peu ses pauvres jambes nues, elle gratte une allumette, afin se réchauffer un peu, et se donner pendant quelques secondes l’illusion d’un monde lumineux et chaleureux. Lights were shining from every window, and there was a savory smell of roast goose, for it was Newyear’s eve – yes she remembered that …. L’allumette s’éteint déjà. Elle se persuade, pleine d’espoir, d’en allumer une autre , et puis vite encore une autre, parce que cela lui fait du bien , Ah, perhaps a burning match might be some good….. encore et encore .

L’aria Have mercy, God – my God have mercy est belle et envoûtante. Elle nous entraîne dans des sentiments de compassion que Bach n’aurait pas surpassés. Elle gratte une dernière allumette sur le mur de la maison (nous l’entendons craquer, cette allumette, cela se passe devant nous) et reconnaît sa vieille grand-mère. Avec elle, enfin heureuse dans son rêve, elle s’élève avec bonheur vers le ciel.

L’aria When its time for me to go est un frisson chanté. Nous resserrons frileusement nos cols et nos foulards et nous nous sentons également geler. « Les contes de fées sont cruels », traverse à nouveau mes pensées .
Le lendemain matin, elle est là, allongée, un sourire sur son pâle visage . Dans une main, les allumettes brûlées , dans l’autre celles qui n’ont pas encore servi.
Avec l’aria We sit and cry – Rest soft, daughter, rest soft l’œuvre touche à sa fin et la petite fille a enfin trouvé sa paix.
Le maestro Tonino Battista nous laisse longtemps aux prises avec nos émotions jusqu’à ce qu’il libère tout à coup les applaudissements. Nous ravalons la boule que nous avons dans la gorge et nous sentons peut-être un peu manipulés .
David Lang est un compositeur religieux – ce qu’était également Bach . La Passion selon saint Matthieu a été sa source d’inspiration – il le dit dans ses «Composer Notes« . Puisant dans les textes de Hans Christian Andersen , HP Pauli et Picander, Lang met en scène un conte de Noël pour enfants qui oscille en permanence entre peur et morale, souffrance et espoir, frayeur et beauté. Le froid est vaincu par les rêves de bonheur. Sans pathos, minimales et mélodiques, les voix se complètent par des répétitions et des analogies claires et insistantes, des changements rythmiques et mélodieux très subtils. La musique, archaïque et moderne à la fois, émotionnelle et belle veut faire de cette envoûtante histoire triste le discret témoignage d’une foi positive.

A certains moments, nous revivons ce mélange de panique et de compassion, mais aussi cette sensation étrange qui nous envahissait lorsque, à notre demande, notre mère nous lisait pour nous endormir ce récit impitoyable, cruel et triste.
La structure de cet oratorio est similaire à la Passion selon saint Matthieu, les airs répétitifs étant remplacés par des récitatifs qui racontent dans le détail cette tragédie, en 15 sections qui nous tiennent en haleine .
Maria Chiara Chizzoni , Patrizia Polia , Carlo Putelli , Giuliano Mazzini sont les solistes exceptionnels sur qui tout est construit. La remarquable coordination entre les voix permet à certains passages de sembler faciles, alors que la difficulté de la partition est réelle et la simplicité qui en résulte est la clé de notre plaisir.

L’Américain David Lang a remporté le Prix Pulitzer pour ce morceau de musique en 2008 . Il a également écrit une partie de la musique du film « La Grande Bellezza », Oscar du meilleur film étranger 2014.

Auditorium 007 Auditorium Parco della Musica

Christa Blenk 22 mars 2014

(Trad. JN Pettit)

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